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La naissance du projet

"Le projet est né un jour d’avril 1998. Je venais relever un affût posé 3 semaines plus tôt pour filmer un lynx fidèle à « son » rocher. A mon arrivée, 2 bécasses traversent une route forestière en marchant. Le temps de stabiliser la caméra et la scène est immortalisée, juste avant que le couple hésitant ne disparaisse derrière la crête. Je ne réaliserai que bien plus tard toute l’improbabilité de cette rencontre extraordinaire."



"Un mois passe et c’est un forestier qui m’informe d’une découverte insolite. Le jour même, une bécasse a fui devant sa débroussailleuse. L’œil expert du forestier repère trois œufs parfaitement mimétiques posés à même le sol, parmi les feuilles mortes. 21 jours plus tard, ce qui se produit est une sublime récompense.
Grâce à d’infinies précautions et au prix d’un travail de surveillance ininterrompu, mon ami Claude assiste à l’éclosion. Ensuite, je parviens à filmer le départ du nid de la femelle et ses poussins, sans aucun dérangement.
Ce jour-là le projet est né. C’était décidé : un jour la bécasse deviendrait l’actrice principale d’un documentaire encore jamais réalisé.

Les mois passent, les lectures s’accumulent, des souvenirs reviennent, le film « Vivre Lynx » est achevé. Avec la Bécasse, un nouveau projet est à l’écriture. Vient alors le désir de mettre en relation mes deux régions d’attache : la Franche-Comté, ma terre d’adoption pour toutes les scènes de reproduction, et ma Bretagne natale pour l’hivernage… Problème : il ne s’agit pas d’un trajet migratoire connu. Or, il me faut un scénario logique et réaliste !

Pendant plusieurs années, les voyages se succèdent. Dans les landes finistériennes, j’apprends à rechercher les indices, repérer les remises, observer les passées. Mon frère dépense une énergie sans compter pour m’aider. Il affine mes prospections, recherche les sites les plus favorables Il suit la fréquentation des remises forestières, ces gîtes que la Bécasse des bois affectionne pour se reposer en journée. Il essaie d’y détecter tous les dérangements potentiels. Le photographe André Le Gall accepte de me livrer quelques-uns de ses secrets pour affûter la belle en toute discrétion.
Dans le Jura, je réalise d’autres documentaires sur le Lynx et le Chat sauvage, qui me permettent de passer beaucoup de temps dans des biotopes très favorables aux bécasses. L’étude de leurs parades crépusculaires occupe les nombreuses soirées durant lesquelles aucun autre animal ne daigne sortir en lisière. Avec le temps, impatience et motivation se renforcent. En 2003, mon ami Stéphane de l'ONCFS, m’informe d’une découverte inouïe : deux bécasses nichent à un mètre l’une de l’autre. (cette fabuleuse découverte fera l’objet d’un prochain récit…)

L’opportunité est exploitée et permet de réaliser des séquences totalement inespérées. Mais comment procéder pour parvenir à filmer cet étrange oiseau... ailleurs qu’au nid ? comment filmer la silhouette furtive de ce fantôme des cimes? Comment l’observer au sol,  en toute quiétude et en toute saison?

En 2004, le défi est lancé. Le film "Chat forestier" étant achevé, les tournages peuvent enfin démarrer. 5 années plus tard, c’est la satisfaction du travail accompli"
Loïc Coat

+ de détails dans des articles à paraître.
 

 
 

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